Timidité : pouvez-vous en guérir ? (1/3)

Moment très agréable quand toutes les timidités sont passées,
et qu’il ne reste plus que les réserves.” – Anne Barratin

    Dans cet article :

    • Je vous explique les concepts qui se cachent derrière la notion de timidité
    • Je vous donne plusieurs ressources pour aller étudier la timidité
    • Vous apprendrez les différences entre introversion et timidité
    • Vous comprendrez pourquoi il faut entraîner sa sociabilité au quotidien

    I. LA TIMIDITÉ N’EST PAS UNE MALADIE

    15 600. C’est le nombre de fois que les français tapent les mots “timide” et “timidité” chaque mois sur Google. Vous avez peut-être vous-même contribué à nourrir ce chiffre, si vous êtes en quête d’informations utiles sur le sujet. Allez, on regarde tout ça ensemble !

    A- La puissante industrie pharmaceutique

    Chaque année, l’Organisation mondiale de la santé découvre invente de nouvelles maladies. Selon l’OMS, la timidité pourrait être pathologique. Ses experts fourmillent dans les médias et prêchent la bonne parole sur les plateaux télé. D’un ton très grave, ils vous regardent droit dans la caméra, et entament la lecture solennelle de leur Sainte Bible : la CIM-10 (pour “Classification internationale des maladies”). Dans leur catégorie des troubles anxieux, on trouve la mention F60.6 : “Trouble de la personnalité évitante”…

    En fait, cette étiquette de malade permet surtout aux industries pharmaceutiques de vous propulser illico dans la case “sous médication”. Cela fait, il est facile de vous forcer à avaler une folle quantité de pilules, pour servir la voracité des actionnaires.

    Mais la timidité, c’est d’abord un trait de personnalité universel de l’espèce humaine. Détendez-vous et soyez pleinement rassurés : vous n’êtes pas seul. La timidité nous concerne tous. Chacun de nous l’a expérimentée à un moment ou à un autre de sa vie ! 

    B- Nous sommes 100% de “malades” !

    On la ressent plus ou moins fortement. Il ne faut pas penser la timidité en termes de tout ou rien. Imaginez-la plutôt s’étendre sur un continuum qui va du normal au pathologique, sans que ce dernier seuil ne soit clairement défini ou ne puisse échapper à une évaluation subjective.

    A la base de ce continuum, se trouve le simple désir de plaire quand on se sait observé. C’est notamment ce désir qui nous pousse à agir conformément aux attentes, à nous plier aux normes, à respecter la volonté du groupe, dans le but de lui plaire, mais aussi de trouver dans le regard des autres une bonne image de soi. C’est ce que les grecs anciens nommaient la “vergogne”, ce léger conformisme qui pousse à la vertu.

    A l’autre extrême du continuum, les timides manifestent un évitement phobique de toute situation sociale. Au-delà de la simple timidité, se situent la paranoïa, la dépression, voire la schizophrénie.

    Selon de récentes études, seuls 2,5 % de la population occidentale déclarent n’avoir jamais ressenti de timidité. En toute franchise, je me demande même s’ils avaient bien compris la question ! C’est un fait, la timidité nous affecte toutes et tous. Et ce n’est pas une maladie. C’est la première raison qui fait que personne n’en guérit !

    C- Cas particulier 

    Vous en connaissez peut-être. Il existe aussi des personnes qui affirment ne pas se sentir particulièrement stressées au contact des autres, mais elles ne parviennent tout simplement pas à mener les interactions qu’elles aimeraient avoir. Par exemple, elles prennent très rarement l’initiative d’une conversation. Elles acceptent mal les compliments qu’elles soupçonnent d’être faux et les accueillent avec hostilité. Ou encore, elles échouent à parler de leurs propres intérêts.

    On identifie bien ici le déficit de confiance en soi, mais il ne s’accompagne pas des traditionnels symptômes de détresse émotionnelle.

    II. LA TIMIDITÉ N’EST PAS UNE IDENTITÉ

    A- Petite définition de la timidité

    Le mot “timidité” vient du latin -timidus. Il désigne celui qui craint, qui est circonspect et qui manque d’assurance (définition Wikipédia). Évidemment, le terme s’applique particulièrement aux relations humaines. On parle moins de timidité pour la peur des araignées.

    La timidité est un ensemble d’émotions, de cognitions (ou pensées) et de comportements qui conduisent une personne à faire preuve d’une prudence excessive dans sa vie relationnelle. C’est une attitude de réserve disproportionnée qui découle de la peur d’être rejeté précisément par celles et ceux à qui on aimerait plaire.

    Pour éviter le risque du rejet (un risque qui est parfois fantasmé), les timides préfèrent parfois rester assis sur leur chaise ou marcher le long du mur, baisser la tête, marmonner, fuir du regard, décliner une invitation, ne pas trop aller vers les autres… Bref ! Ils se surprotègent et perçoivent les autres comme une menace potentielle ! Mais d’où cela vient-il réellement ?

    B. Les origines innées de la timidité

    Le psychologue américain Jérôme Kagan étudie le tempérament à l’Université de Harvard. Selon lui, 15 à 20% des enfants naîtraient avec des prédispositions à la timidité. C’est-à-dire que leur corps présente certaines caractéristiques propres à influencer leur activité mentale dans le sens d’un caractère socialement réservé.

    Au plan neurologique, la taille de leur amygdale est supérieure à la norme (l’amygdale est un noyau de neurones dans votre cerveau qui joue un grand rôle dans le déclenchement de la peur). En résumé, certaines personnes sont timorées car l’excitabilité de leurs circuits neuronaux de l’anxiété est très forte ! Ils sont donc beaucoup plus sensibles aux signaux de danger. On remarque aussi qu’ils redoutent l’incertitude, explique Daniel Goleman dans son best-seller sur L’intelligence émotionnelle. Vous imaginez ? Alors que toute situation nouvelle présente par définition des zone d’incertitude (parler en public, passer un examen, rencontrer ses beaux-parents…). En fait, un rien peut les effrayer. Mais la bonne nouvelle est que tout cela s’apprivoise !

    C. Timide or not timide, c’est la vie qui décide

    Le saviez-vous ? On sait déjà que la timidité ne s’explique pas uniquement en termes d’héritage génétique ou de constitution physique (beauté/laideur, corpulence/petitesse, etc.). Ouf !

    D’une part, l’épigénétique, c’est-à-dire l’influence du contexte sur l’expression des gènes, constitue une régulation des héritages biologiques. Concrètement, ça veut dire que tout n’est pas écrit ! Canon, non ? Viva la libertad !

    D’autre part il a été prouvé que certains facteurs exogènes pèsent de tout leur poids sur l’évolution de nos timidités ! Je pense notamment à l’environnement, à l’éducation familiale, aux dynamiques de groupes à l’école et au travail, à l’entourage proche, à la stabilité et l’indépendance professionnelle et financière, etc.

    III- LA TIMIDITÉ, UN VRAI HANDICAP

    A- Les manifestations concrètes de la timidité

    Le site internet “Timidité.info” résume assez bien la chose en présentant les 3 types de symptômes suivants :

    • Physiques : tremblements, rougeur, pâleur, sueur, respiration coupée, troubles de l’attention, etc.
    • Cognitifs : focalisation sur soi, anticipation anxieuse, auto-dévalorisation, pensée en tout ou rien, etc.
    • Comportementaux : inhibition, retrait, fuite, froideur, rudesse, panique, etc.

    En fait, ces différents symptômes sont tous très liés. De fait, la timidité présente le piège d’un véritable cercle vicieux comme on peut le voir sur le graphique suivant (allez, je vous épargne mes petits dessins pour cette fois 😉 ).

    Symptômes tournants de la timidité

     

    IV. DESCENDRE DU MANÈGE

    La vérité est moins belle encore. Pire qu’un cercle vicieux, c’est une spirale vicieuse : les pensées négatives automatiques renforcent la détresse émotionnelle, qui aggravent les contre-performances, qui cimentent les croyances de nullité, qui amplifient le traumatisme et… Enfin vous m’avez compris !

    Il faut donc vous extirper de cette tornade de la timidité au plus tôt et courir au loin vers de verts pâturages ! 😉 C’est l’unique façon d’enrayer le processus et de reprendre pleinement le contrôle sur votre vie pour couler des jours heureux. 


    Dans la suite de l’article:

    • J’illustre ces explications par des exemples concrets d’anciens timides
    • Je vous présente le concept de sociabilité
    • Je vous explique comment mettre en place votre entraînement quotidien

    Et si vous êtes sages, je tournerai même l’interview vidéo d’anciens timides qui sont parvenus à atteindre un haut niveau de sociabilité. Ils sont désormais en couple, relationnellement impliqués dans leur métier, devenus influents et même incontournables dans certains réseaux ! Histoire de vous prouver que c’est possible. 🙂

    Trop de timidité pourrait rendre une vie morne et fade ! Vous êtes une personne adorable ! Ne cédez pas à la peur. Ne baissez jamais les bras. Et pour garder la force, souvenez-vous d’une chose : “il faut de VOUS pour faire un monde !”

     

    Non sans amour,
    Louny Bostok

    timidité d'un chien

    Les scientifiques découvrent la recette du bonheur : des relations humaines solides

    La qualité de nos relations reflète la qualité de nos vies. 

    Dans cet article :

    • Harvard vous dit où trouver le bonheur
    • Un prêtre zen vous offre 3 leçons de vie 
    • Vous capitaliserez, mais pas en dollars…

    I- Sur quoi miser L’avenir

    A- Richesse, gloire et beauté ?

    Dites-moi comme ça, sans réfléchir, quel est votre principal but dans la vie

    “Si vous deviez investir, maintenant, dans la meilleure version de vous-même pour l’avenir, où mettriez-vous votre temps et votre énergie ?”, reformule Robert Waldinger.

    80% des personnes interrogées répondent qu’elles aimeraient surtout devenir riches. Et 50% répondent qu’elles rêvent de célébrité ! Et pour vous ? Est-ce là bien la clé de votre Nirvana ? Travailler dur ou vendre de la cocaïne, se payer un yatch et signer des autographes ?

     

    B- Amour et eau fraîche ?

    Des chercheurs un peu fous de l’Université de Harvard ont conduit la plus longue étude jamais réalisée sur le bonheur. Loin du discours consumériste, leur papier nous révèle l’ingrédient vital qui, encore mieux que l’argent ou la célébrité, préservera nos corps, protégera notre santé mentale et nous rendra heureux. Cet ingrédient est tout simplement… de bonnes relations humaines  

    Aussi simple que cela puisse paraître, c’est maintenant scientifique : de bonnes relations humaines vous rendront plus heureux et en meilleure santé. Point final. Enfin presque, car il nous reste à comprendre ce qu’est une bonne relation humaine et surtout (question à un million d’euros) comment la construire ?

     

    II- L’histoire d’une étude octagénaire

    A- Réussir sa vie : le facteur X

    Revenons un peu sur l’histoire de cette aventure. La question de départ est des plus excitantes : “qu’est-ce qui fait une vie réussie, exactement ?”. Moi je le sais. Et vous le saurez aussi, dans 5 minutes. En 1938, la fondation philanthropique William Grant accorde une donation de 60,000 dollars pour financer l’étude. Les scientifiques se fixent alors un objectif ambitieux : étudier minutieusement les vies de centaines d’hommes dans leurs moindres recoins, pour en comprendre les facteurs de réussites. Interviews, surveillance, questionnaires, observation directe, enquête de voisinage, examens médicaux, analyses sanguines, casiers judiciaires… Tout y est passé et rien n’a été laissé au hasard.

    B- De South Boston à la Maison-Blanche 

    724 hommes sous le microscope. Ainsi, l’équipe de chercheurs-fous créent deux grands groupes d’étude : d’un côté, 268 hommes diplômés de Harvard (et donc issus d’un milieu socio-économique très favorisé) et de l’autre,  456 hommes qui étant enfants avaient grandi dans les quartiers les plus pauvres de Boston. Parmi tous ces gamins, certains sont devenus maçons, avocatS, médecins. L’un d’entre eux est même devenu Président des États-Unis. D’autres encore ont sombré dans l’alcoolisme ou la schizophrénie. Des parcours extrêmement variés. C’est pourquoi les amis, au terme de cet article, il vous reviendra de tracer votre propre voie !

     

    Qu’allaient devenir ces gamins, issus des quartiers les plus pauvres de Boston ?

     

    III- L’étude en vidéo

    A- 75 ans de bonheur

    Année après année, pendant plus de 75 ans,  les scientifiques ont scruté chaque variable biologique et psychosociale de la vie des participants, afin de découvrir lesquelles seraient les plus fines prédictrices de la réussite, de la santé et du bonheur de ces derniers jusqu’à leur dernier souffle !

    B- Comprendre et appliquer

    Robert Waldinger, mondialement connu, est le quatrième directeur de cette étude sur le développement de l’adulte. Dans cette vidéo, il nous révèle quelles sont les trois plus importantes leçons que son équipe et lui ont retenu et partage avec nous quelques perles de sagesse pour les mettre directement en pratique. [sous-titres français disponibles]

     

    IV- Waldinger nous conseille ! 

    A- Quelques faits marquants

    • A tout moment, 1 américain sur 5 déclare se sentir seul. On peut d’ailleurs mourir de soif en pleine mer, tout comme on peut se sentir seul au milieu d’une foule, à l’intérieur d’une grande famille ou au sein d’un mariage.
    • Les capacités cérébrales de nos cerveaux s’atrophient lorsque nous sommes peu entourés socialement.
    • Être bien entouré permet de calmer des douleurs physiques par une humeur positive plus stable, tandis que l’absence de soutien émotionnel amplifie la sensation de douleur par la détresse sociale.
    • Lors des périodes de transition, comme le passage à la vie professionnelle ou le passage à la retraite, les personnes les plus heureuses sont celles qui œuvrent avec acharnement pour se constituer un nouveau cercle social actif au sein duquel elles peuvent s’épanouir.

     

    B- 3 perles de sagesse : 

    Protégez vos cerveaux : En plus de protéger nos corps de la maladie, les bonnes relations protègent nos cerveaux. Les bonnes relations prédisent mieux comment nous vieillirons que le taux de cholestérol ou  le degré de tabagisme, elles protègent du déclin de facultés cognitives essentielles comme la mémoire.

    Recherchez la qualité : Au-delà du nombre de nos contacts, c’est la qualité de nos relations proches et fiables qui comptent le plus. Une relation conflictuelle peut avoir des conséquences néfastes sur nous. Un mariage dénué d’amour par exemple peut se révéler plus dangereux pour la santé qu’un divorce. Il faut pouvoir compter sur nos proches pour être heureux.

    Ne restez pas tout seul : La solitude tue et les connexions sociales fiables nous sont littéralement vitales ! 

     

     

    V- Par où commencer ? 

    A- Des liens protéiformes

    Créer une relation humaine, la nourrir, la préserver, cela passe par d’innombrables formes de liens. Des liens plus ou moins forts, plus ou moins authentiques, plus ou moins proches et plus ou moins durables. Un partenariat, par exemple, comme créer une entreprise à deux, ou partage une expérience très forte (apprendre à faire ses lacets, gagner un match de foot, décrocher un diplôme ou sauter en parachute). Les relations humaines se construisent par l’adjonction de liens de natures très diverses (dans un prochain article, nous parlerons des 5 langages de l’amour, selon Gary Chapman).

    B- L’art de la conversation

    Et s’il s’agit de construire une relation authentique, proche et durable, s’il est question de comprendre l’ami, le parent, ou l’amour de sa vie, si l’on parle de former une connexion intime, rien ne remplace l’art de la conversation. C’est lui qui permet de savoir qui est l’autre. Comment saurions-nos autrement ce à quoi il songe, quels sentiments l’animent, quelle craintes le font trembler, quels espoirs il portent, et quels rêves le guident ? C’est la conversation qui ouvre à l’entendement mutuel et profond.

    C’est pourquoi il est primordial d’apprendre à bien converser au plus tôt.  Vous voulez une vie heureuse ? Focalisez votre énergie sur vos relations humaines ! Vous voulez des relations de haute qualité ? Concentrez vos efforts sur l’art de la conversation. Elle est notre ciment relationnel. C’est grâce à elle que nous maintenons le contact, et c’est par elle que nous trouvons les plus fiables indices pour choisir celles et ceux avec qui passer notre vie. Pendant que j’y pense, découvrez à travers ce mini-sondage ce que vous recherchez chez vos interlocuteurs et les qualités qu’il vous manque pour devenir “un beau parleur” !

     

    C- S’entourer des meilleurs

    J’aime à citer le charismatique John Fitzgerald Kennedy (Jack pour les intimes, JFK pour les autres). Le chef d’État disait : “L’art de la réussite consiste à s’entourer des meilleurs.” Personnellement, j’ai dû reprendre cette citation des dizaines et des dizaines de fois dans des conversations entre amis, sur des cartes postales, pour des rapports universitaires ou dans des publications Facebook… Mais à l’époque, je comprenais son message très différemment : pendant des années, ce conseil visait à mes yeux la nécessité de construire autour de soi un entourage compétent, excellent, dont les performances n’ont pas d’égal afin d’atteindre des sommets ! 

    L’expression réussir sa vie porte désormais à mes oreilles un tout autre sens. Il ne s’agit plus tant de la richesse ou de la gloire, que de la santé, du bonheur et du plaisir de partager mon temps avec des personnes de qualité, bienveillante, éveillées, humaines. Ainsi, les meilleurs n’ont-ils pas forcément les plus beaux diplômes, ni ne capitalisent les plus gros comptes en banque ou possèdent les plus rares brevets. Mais ils ont le cœur large, une vie sociale dense et une intelligence émotionnelle à toute épreuve… Entourons-nous de ceux-là, faisons partie de ceux-là !

      

    Non sans amour,
    Louny Bostok

    Sources :

    Retrouvez aussi le podcast audio de cet article pour l’écouter tranquillement dans les transports !

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