Jeu intérieur

Timidité : pouvez-vous en guérir ? (1/3)

« Moment très agréable quand toutes les timidités sont passées,
et qu’il ne reste plus que les réserves.
 » – Anne Barratin

Dans cet article :

  • Je vous explique les concepts qui se cachent derrière la notion de timidité
  • Je vous donne plusieurs ressources pour aller étudier la timidité
  • Vous apprendrez les différences entre introversion et timidité
  • Vous comprendrez pourquoi il faut entraîner sa sociabilité au quotidien

I. LA TIMIDITÉ N’EST PAS UNE MALADIE

15 600. C’est le nombre de fois que les français tapent les mots “timide” et “timidité” chaque mois sur Google. Vous avez peut-être vous-même contribué à nourrir ce chiffre, si vous êtes en quête d’informations utiles sur le sujet. Allez, on regarde tout ça ensemble !

A. La puissance de l’industrie pharmaceutique

Chaque année, l’Organisation mondiale de la santé découvre invente de nouvelles maladies. Selon l’OMS, la timidité pourrait être pathologique. Ses experts fourmillent dans les médias et prêchent la bonne parole sur les plateaux télé. D’un ton très grave, ils vous regardent droit dans la caméra, et entament la lecture solennelle de leur Sainte Bible : la CIM-10 (pour “Classification internationale des maladies”). Dans leur catégorie des troubles anxieux, on trouve la mention F60.6 : “Trouble de la personnalité évitante”…

En fait, cette étiquette de malade permet surtout aux industries pharmaceutiques de vous propulser illico dans la case “sous médication”. Cela fait, il est facile de vous forcer à avaler une folle quantité de pilules, pour servir la voracité des actionnaires.

Mais la timidité, c’est d’abord un trait de personnalité universel de l’espèce humaine. Détendez-vous et soyez pleinement rassurés : vous n’êtes pas seul. La timidité nous concerne tous. Chacun de nous l’a expérimentée à un moment ou à un autre de sa vie ! 

B. Nous sommes 100% de “malades” !

On la ressent plus ou moins fortement. Il ne faut pas penser la timidité en termes de tout ou rien. Imaginez-la plutôt s’étendre sur un continuum qui va du normal au pathologique, sans que ce dernier seuil ne soit clairement défini ou ne puisse échapper à une évaluation subjective.

A la base de ce continuum, se trouve le simple désir de plaire quand on se sait observé. C’est notamment ce désir qui nous pousse à agir conformément aux attentes, à nous plier aux normes, à respecter la volonté du groupe, dans le but de lui plaire, mais aussi de trouver dans le regard des autres une bonne image de soi. C’est ce que les grecs anciens nommaient la “vergogne”, ce léger conformisme qui pousse à la vertu.

A l’autre extrême du continuum, les timides manifestent un évitement phobique de toute situation sociale. Au-delà de la simple timidité, se situent la paranoïa, la dépression, voire la schizophrénie.

Selon de récentes études, seuls 2,5 % de la population occidentale déclarent n’avoir jamais ressenti de timidité. En toute franchise, je me demande même s’ils avaient bien compris la question ! C’est un fait, la timidité nous affecte toutes et tous. Et ce n’est pas une maladie. C’est la première raison qui fait que personne n’en guérit !

C. Cas particulier 

Vous en connaissez peut-être. Il existe aussi des personnes qui affirment ne pas se sentir particulièrement stressées au contact des autres, mais elles ne parviennent tout simplement pas à mener les interactions qu’elles aimeraient avoir. Par exemple, elles prennent très rarement l’initiative d’une conversation. Elles acceptent mal les compliments qu’elles soupçonnent d’être faux et les accueillent avec hostilité. Ou encore, elles échouent à parler de leurs propres intérêts.

On identifie bien ici le déficit de confiance en soi, mais il ne s’accompagne pas des traditionnels symptômes de détresse émotionnelle.

II. LA TIMIDITÉ N’EST PAS UNE IDENTITÉ

A. Petite définition de la timidité

Le mot “timidité” vient du latin -timidus. Il désigne celui qui craint, qui est circonspect et qui manque d’assurance (définition Wikipédia). Évidemment, le terme s’applique particulièrement aux relations humaines. On parle moins de timidité pour la peur des araignées.

La timidité est un ensemble d’émotions, de cognitions (ou pensées) et de comportements qui conduisent une personne à faire preuve d’une prudence excessive dans sa vie relationnelle. C’est une attitude de réserve disproportionnée qui découle de la peur d’être rejeté précisément par celles et ceux à qui on aimerait plaire.

Pour éviter le risque du rejet (un risque qui est parfois fantasmé), les timides préfèrent parfois rester assis sur leur chaise ou marcher le long du mur, baisser la tête, marmonner, fuir du regard, décliner une invitation, ne pas trop aller vers les autres… Bref ! Ils se surprotègent et perçoivent les autres comme une menace potentielle ! Mais d’où cela vient-il réellement ?

B. Les origines innées de la timidité

Le psychologue américain Jérôme Kagan étudie le tempérament à l’Université de Harvard. Selon lui, 15 à 20% des enfants naîtraient avec des prédispositions à la timidité. C’est-à-dire que leur corps présente certaines caractéristiques propres à influencer leur activité mentale dans le sens d’un caractère socialement réservé.

Au plan neurologique, la taille de leur amygdale est supérieure à la norme (l’amygdale est un noyau de neurones dans votre cerveau qui joue un grand rôle dans le déclenchement de la peur). En résumé, certaines personnes sont timorées car l’excitabilité de leurs circuits neuronaux de l’anxiété est très forte ! Ils sont donc beaucoup plus sensibles aux signaux de danger. On remarque aussi qu’ils redoutent l’incertitude, explique Daniel Goleman dans son best-seller sur L’intelligence émotionnelle. Vous imaginez ? Alors que toute situation nouvelle présente par définition des zone d’incertitude (parler en public, passer un examen, rencontrer ses beaux-parents…). En fait, un rien peut les effrayer. Mais la bonne nouvelle est que tout cela s’apprivoise !

C. Timide or not timide, c’est la vie qui décide

Le saviez-vous ? On sait déjà que la timidité ne s’explique pas uniquement en termes d’héritage génétique ou de constitution physique (beauté/laideur, corpulence/petitesse, etc.). Ouf !

D’une part, l’épigénétique, c’est-à-dire l’influence du contexte sur l’expression des gènes, constitue une régulation des héritages biologiques. Concrètement, ça veut dire que tout n’est pas écrit ! Canon, non ? Viva la libertad !

D’autre part il a été prouvé que certains facteurs exogènes pèsent de tout leur poids sur l’évolution de nos timidités ! Je pense notamment à l’environnement, à l’éducation familiale, aux dynamiques de groupes à l’école et au travail, à l’entourage proche, à la stabilité et l’indépendance professionnelle et financière, etc.

III. LA TIMIDITÉ, UN VRAI HANDICAP

A. Les manifestations concrètes de la timidité

Le site internet “Timidité.info” résume assez bien la chose en présentant les 3 types de symptômes suivants :

  • Physiques : tremblements, rougeur, pâleur, sueur, respiration coupée, troubles de l’attention, etc.
  • Cognitifs : focalisation sur soi, anticipation anxieuse, auto-dévalorisation, pensée en tout ou rien, etc.
  • Comportementaux : inhibition, retrait, fuite, froideur, rudesse, panique, etc.

En fait, ces différents symptômes sont tous très liés. De fait, la timidité présente le piège d’un véritable cercle vicieux comme on peut le voir sur le graphique suivant (allez, je vous épargne mes petits dessins pour cette fois 😉 ).

Symptômes tournants de la timidité

IV. DESCENDRE DU MANÈGE

La vérité est moins belle encore. Pire qu’un cercle vicieux, c’est une spirale vicieuse : les pensées négatives automatiques renforcent la détresse émotionnelle, qui aggravent les contre-performances, qui cimentent les croyances de nullité, qui amplifient le traumatisme et… Enfin vous m’avez compris !

Il faut donc vous extirper de cette tornade de la timidité au plus tôt et courir au loin vers de verts pâturages ! 😉 C’est l’unique façon d’enrayer le processus et de reprendre pleinement le contrôle sur votre vie pour couler des jours heureux. 


Dans la suite de l’article:

  • J’illustre ces explications par des exemples concrets d’anciens timides
  • Je vous présente le concept de sociabilité
  • Je vous explique comment mettre en place votre entraînement quotidien

Et si vous êtes sages, je tournerai même l’interview vidéo d’anciens timides qui sont parvenus à atteindre un haut niveau de sociabilité. Ils sont désormais en couple, relationnellement impliqués dans leur métier, devenus influents et même incontournables dans certains réseaux ! Histoire de vous prouver que c’est possible. 🙂

Trop de timidité pourrait rendre une vie morne et fade ! Vous êtes une personne adorable ! Ne cédez pas à la peur. Ne baissez jamais les bras. Et pour garder la force, souvenez-vous d’une chose : “il faut de VOUS pour faire un monde !”

Votre coach relationnel,
Louny

timidité d'un chien

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Lexique de la conversation

“Lorsque les mots perdent leur sens, les individus perdent leur liberté.”
– Confucius

Dans cet article :

  • Vous vous familiariserez avec le lexique de la psychologie
  • Vous retrouverez les concepts de ce blog
  • Vous pourrez poser vos questions sémantiques

(suite…)

Fondements scientifiques

Les scientifiques découvrent la recette du bonheur : des relations humaines solides

Dans cet article :

  • Ce que la science dit du bonheur
  • 3 leçons de vie fondamentales, selon un prêtre zen
  • Votre votre visage à 90 ans

“L’art de la réussite consiste à savoir s’entourer des meilleurs.
– John Fitzgerald Kennedy

 

Dites-moi comme ça, sans réfléchir, quel est votre principal objectif de vie

“Si vous deviez investir, maintenant, dans la meilleure version de vous-même pour l’avenir, où mettriez-vous votre temps et votre énergie ?”, reformule Robert Waldinger.

80% des personnes interrogées répondent qu’elles aimeraient surtout devenir riches. Et 50% répondent qu’elles rêvent de célébrité ! Et pour vous ? C’est bien la clé de votre Nirvana ? Travailler dur ou vendre de la cocaïne, se payer un yatch et signer des autographes ?

 

Des chercheurs un peu fous de l’Université de Harvard ont conduit la plus longue étude jamais réalisée sur le bonheur ! Loin du discours consumériste, leur papier nous révèle l’ingrédient vital qui, mieux que l’argent ou la célébrité, préservera nos corps, protégera notre santé mentale et nous rendra heureux !

Ce secret, c’est…

…les bonnes relations humaines !

 

Aussi simple que cela puisse paraître, c’est maintenant scientifique : de bonnes relations humaines vous rendront plus heureux et en meilleure santé. Point final. Enfin presque, car il nous reste à comprendre ce qu’est une bonne relation humaine et surtout (question à un million d’euros) comment la construire ?

 

Revenons un peu sur l’histoire de cette aventure. La question de départ est des plus excitantes : “qu’est-ce qui fait une vie réussie ?”. Moi je le sais. Et vous le saurez aussi, dans 5 minutes. En 1938, la fondation philanthropique William Grant accorde une donation de 60,000 dollars pour financer l’étude. Les scientifiques se fixent alors un objectif ambitieux : étudier minutieusement les vies de centaines d’hommes dans leurs moindres recoins, pour en comprendre les facteurs de réussites. Interviews, surveillance, questionnaires, observation directe, enquête de voisinage, examens médicaux, analyses sanguines, casiers judiciaires… Tout y est passé et rien n’a été laissé au hasard.

  

724 hommes sous le microscope. Ainsi, l’équipe de chercheurs-fous créent deux grands groupes d’étude : d’un côté, 268 hommes diplômés de Harvard (et donc issus d’un milieu socio-économique très favorisé) et de l’autre,  456 hommes qui étant enfants avaient grandi dans les quartiers les plus pauvres de Boston. Parmi tous ces gamins, certains sont devenus maçons, avocatS, médecins. L’un d’entre eux est même devenu Président des États-Unis. D’autres encore ont sombré dans l’alcoolisme ou la schizophrénie. Des parcours extrêmement variés. C’est pourquoi les amis, au terme de cet article, il vous reviendra de tracer votre propre voie !

 

Qu’allaient devenir ces gamins, issus des quartiers les plus pauvres de Boston ?

 

Année après année, pendant plus de 75 ans,  les scientifiques ont scruté chaque variable biologique et psychosociale de la vie des participants, afin de découvrir lesquelles seraient les plus fines prédictrices de la réussite, de la santé et du bonheur de ces derniers jusqu’à leur dernier souffle !

 

Robert Waldinger, mondialement connu, est le quatrième directeur de cette étude sur le développement de l’adulte. Dans cette vidéo, il nous révèle quelles sont les trois plus importantes leçons que son équipe et lui ont retenu et partage avec nous quelques perles de sagesse pour les mettre directement en pratique. [sous-titres français disponibles]

 

Quelques faits marquants :

  • A tout moment, 1 américain sur 5 déclare se sentir seul. On peut d’ailleurs mourir de soif en pleine mer, tout comme on peut se sentir seul au milieu d’une foule, à l’intérieur d’une grande famille ou au sein d’un mariage.
  • Les capacités cérébrales de nos cerveaux s’atrophient lorsque nous sommes peu entourés socialement.
  • Être bien entouré permet de calmer des douleurs physiques par une humeur positive plus stable, tandis que l’absence de soutien émotionnel amplifie la sensation de douleur par la détresse sociale.
  • Lors des périodes de transition, comme le passage à la vie professionnelle ou le passage à la retraite, les personnes les plus heureuses sont celles qui œuvrent avec acharnement pour se constituer un nouveau cercle social actif au sein duquel elles peuvent s’épanouir.

 

Alors quel est le “Top 3” des leçons à retenir ?

Leçon n°3 :  en plus de protéger nos corps de la maladie, les bonnes relations protègent nos cerveaux. Les bonnes relations prédisent mieux comment nous vieillirons que le taux de cholestérol ou  le degré de tabagisme, elles protègent du déclin de facultés cognitives essentielles comme la mémoire.

Leçon n°2 : au-delà du nombre de nos contacts, c’est la qualité de nos relations proches et fiables qui comptent le plus. Une relation conflictuelle peut avoir des conséquences néfastes sur nous. Un mariage dénué d’amour par exemple peut se révéler plus dangereux pour la santé qu’un divorce. Il faut pouvoir compter sur nos proches pour être heureux.

Leçon n°1 : la solitude tue et les connexions sociales fiables nous sont littéralement vitales !

Créer une relation humaine, la nourrir, la préserver, cela passe par d’innombrables formes de liens. Des liens plus ou moins forts, plus ou moins authentiques, plus ou moins proches et plus ou moins durables. Un partenariat, par exemple, comme créer une entreprise à deux, ou partage une expérience très forte (apprendre à faire ses lacets, gagner un match de foot, décrocher un diplôme ou sauter en parachute). Les relations humaines se construisent par l’adjonction de liens de natures très diverses (dans un prochain article, nous parlerons des 5 langages de l’amour, selon Gary Chapman).

 

Mais s’il s’agit de construire une relation authentique, proche et durable, s’il est question de comprendre l’ami, le parent, ou l’amour de sa vie, si l’on parle de former une connexion intime, rien ne remplace l’art de la conversation. C’est lui qui permet de savoir qui est l’autre. Comment saurions-nos autrement ce à quoi il songe, quels sentiments l’animent, quelle craintes le font trembler, quels espoirs il portent, et quels rêves le guident ? C’est la conversation qui ouvre à l’entendement mutuel et profond.

 

C’est pourquoi il est primordial d’apprendre à bien converser au plus tôt.  Vous voulez une vie heureuse ? Focalisez votre énergie sur vos relations humaines ! Vous voulez des relations de haute qualité ? Concentrez vos efforts sur l’art de la conversation. Elle est notre ciment relationnel. C’est grâce à elle que nous maintenons le contact, et c’est par elle que nous trouvons les plus fiables indices pour choisir celles et ceux avec qui passer notre vie. Pendant que j’y pense, découvrez à travers ce mini-sondage ce que vous recherchez chez vos interlocuteurs et les qualités qu’il vous manque pour devenir “un beau parleur” !

 

J’aime à citer le charismatique John Fitzgerald Kennedy (Jack pour les intimes, JFK pour les autres). Le chef d’État disait : “l’art de la réussite consiste à s’entourer des meilleurs.” Personnellement, j’ai dû reprendre cette citation des dizaines et des dizaines de fois dans des conversations entre amis, sur des cartes postales, pour des rapports universitaires ou dans des publications Facebook… Mais à l’époque, je comprenais son message très différemment : pendant des années, ce conseil visait à mes yeux la nécessité de construire autour de soi un entourage compétent, excellent, dont les performances n’ont pas d’égal afin d’atteindre des sommets !

 

Mais l’expression réussir sa vie porte désormais à mes oreilles un tout autre sens. Il ne s’agit plus tant de la richesse ou de la gloire, que de la santé, du bonheur et du plaisir de partager mon temps avec des personnes de qualité, bienveillante, éveillées, humaines. Ainsi, les meilleurs n’ont-ils pas forcément les plus beaux diplômes, ni ne capitalisent les plus gros comptes en banque ou possèdent les plus rares brevets. Mais ils ont le cœur large, une vie sociale dense et une intelligence émotionnelle à toute épreuve… Entourons-nous de ceux-là, faisons partie de ceux-là !

 

Je vous souhaite une chaleureuse soirée auprès de vos proches et on se retrouve très vite, d’ici quelques rencontres ! 😉

Louny Bostok

Sources :

Retrouvez aussi le podcast audio de cet article pour l’écouter tranquillement dans les transports !

LireLire

Environnement

Comment créer votre Cercle d’or ?

« La qualité de nos relations reflète la qualité de nos vies. » – LB

Dans cet article :

  • Converser, de quoi et avec qui ?
  • L’importance capitale de bien choisir son entourage
  • Comment te constituer un “Cercle d’or”

Maîtriser l’art de la conversation, ça n’est pas seulement savoir formuler des phrases. Gérer le contexte, choisir ses interlocuteurs, prendre sa vie en main sont aussi des éléments centraux qui créent les bonnes conditions pour converser avec le monde.

DISTINGUER LES CONTEXTES

1) Vers la fin de la vie privée ? 

“N’oublie pas d’acheter les couches pour le petit Alexandre, il a recommencé à faire pipi au lit.”

“Mamaaan, je t’ai dit mille fois de ne plus t’occuper de ce bouffon.”

“Ok Julien j’ai compris, téléphone à Catherine pour lui dire qu’elle voyagera seule samedi…”

Dans la rue, dans les transports en communs, les parcs, les bâtiments municipaux, les centres commerciaux ou dans les autres espaces publics, et – depuis les années 1980 – même à la télévision, nombre de passants, usagers, promeneurs, citoyens, consommateurs et participants exposent leur vie privée sans gêne à la collectivité. La chose a eu ses années de gloire, toute transgressive qu’elle était de l’ordre conservateur pudique. On pouvait dire qui l’on était, exprimer sa personnalité. On allait bientôt comprendre comme tous nous sommes semblables. Et paradoxalement on allait pouvoir enquêter sur autrui, connaître les petits détails sordides du voisinage sans grand effort. Histoire de se comparer, de s’assurer que l’on vaut mieux, nous !

2) Évolution de la reconnaissance sociale

Mais c’est aussi la perte d’une structure mentale forte qui en découle. La distinction généralisée entre sphère publique et sphère privée nous incitait à protéger nos informations personnelles, à modérer notre comportement en public et à accorder du respect aux conventions de la communauté sans privilégier nos désirs individuels à tout-va. Elle nous encourageait ainsi à soigner notre image et notre réputation d’une autre manière. Aujourd’hui, a fortiori depuis l’avènement de Facebook, Instagram, Snapshat et compagnie, nous obtenons de la reconnaissance sociale sous forme likes et de commentaires, en réaction à l’exhibition publique de notre intimité. Ce chemin que nous empruntons ne guide pas vers une société où il faudrait être productif et utile à l’intérêt général pour plaire et se voir socialement intégré. Suffirait-il désormais de montrer ses fesses sur les réseaux sociaux, ou publier les photos de nos dernières vacances ? 

SÉLECTIONNER SON ENTOURAGE

Faut-il rejeter autrui ?

A première vue, on pourrait trouver détestable le schéma suivant : sélectionner, c’est différencier, c’est discriminer les uns et rejeter les autres. Notre idéologie égalitariste moderne s’y oppose automatiquement, presque par réflexe ! Pourquoi ? Parce que classer les individus de façon hiérarchique est souvent mal perçu, à raison.

Il s’agit ici d’installer dans nos esprits un nouveau logiciel d’intelligence sociale. Celui-ci concerne notre proximité avec les individus que nous rencontrons en fonction des relations qui nous lient à eux. Ainsi, loin de chercher à dévaloriser les autres, il nous permet de repérer et de mettre en valeur certaines personnes qui sont importantes à nos yeux, dont nous nous sentons plus ou moins proches, avec qui nous pouvons être plus ou moins ouverts, plus ou moins sincères, plus ou moins transparents.

2) Humanisme et amour universel 

Térence disait : « Je suis un homme ; je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger.»

Par ces mots, le poète nous invite à l’humanisme et à l’amour universel. Il s’agit de se prémunir contre le sectarisme, le clanisme,  le fascisme. Il s’agit de ne pas exclure. Il s’agit de considérer tout être humain comme ayant une valeur intrinsèque, une importance pour ses semblables et un potentiel relationnel.

Sur cette base, on peut agir d’une manière relative et pragmatique : reconnaître à certains les qualités – notamment relationnelles – que leur comportement exprime, les préférer sans condamner les autres, c’est motiver la communauté à adopter ces conduites vertueuses.

cercles sociaux 3

© La-Conversation 2017

 

LE SYNDROME DE LA TOUR D’IVOIRE

1) Embrasser le progrès

Si vous entamez une démarche de développement personnel, vous allez commencer à penser, à vous questionner sérieusement sur vous-même et votre rapport au monde. Vous nourrirez un sens philosophique, préciserez vos valeurs, les traduirez en principes de vie qui ordonneront vos comportements et offriront une cohérence à vos actes. Vous améliorerez votre hygiène de vie, soignerez votre apparence, deviendrez bienveillants. Votre compréhension de la société s’éclairera au rythme d’un intense travail de recherches et de raisonnements solides. Vous vous fixerez des objectifs personnels ambitieux, et réaménagerez votre temps. Vos contacts se multiplieront et vous rencontrerez des personnes aux origines, aux professions et aux rêves variés. 

Votre horizon s’élargira et vous vous familiariserez avec des lieux jusqu’alors inconnus. Tant et si bien que Calcutta, Singapour, New-York, Buenos Aires, Londres ou d’autres villes à votre goût deviendront plus coutumières au fil de vos rencontres, projets, et voyages. Votre temps de loisir et votre temps d’activité productive s’entremêleront et vous deviendrez plus efficace en apprenant à juger sur la base de vos nouveaux critères d’appréciation ce qui vous est plaisant ou non, intelligent ou non, constructif ou non, amusant ou non. Et à mesure de votre progression, vous percevrez probablement un écart entre votre évaluation et celle de la majorité.

2) Apprivoiser l’excellence

Le premier risque inhérent à la démarche de développement personnel est l’excellence (du latin excellere, “dépasser en hauteur”, “être supérieur à”). En effet, nous autres êtres humains sommes des animaux sociaux. Nous héritons notamment cela de l’évolution : autrefois, en des temps où nous étions moins fiers de notre classement dans la chaîne alimentaire, l’appartenance à une tribu était la condition sine qua non de notre survie face à des prédateurs multiples, gourmands et redoutables. Nous avons préservé ce besoin essentiel d’entrer en relation avec les autres, de communiquer avec eux pour maintenir des liens sociaux et affectifs forts. Or il arrive souvent que l’on se lasse de certains individus passifs, négatifs, pessimistes ou nombrilistes. 

Bien des gens parlent sans cesse plutôt que de vous écouter, s’auto-valorisent plutôt que de s’intéresser à leur interlocuteur, vous rabaisseront plutôt que de vous soutenir avec bienveillance, critiqueront leur environnement plutôt que d’y apporter des améliorations avec enthousiasme, regarderont les mêmes émissions de télévision toute leur vie, rigoleront aux mêmes blagues pendant des années et fréquenteront les mêmes lieux sans aucune curiosité pour le reste du monde… Il n’est pas évident de renoncer à cette compagnie, mais votre démarche lui est pourtant parfaitement incompatible. Un groupe social (cercle d’amis, équipe de collègues, etc) évolue toujours selon une dynamique particulière et vit autour de valeurs et de règles qui lui sont propres. Il tolère mal les anticonformistes qui remettent ses normes en questions.

3) Éviter de se noyer dans la norme

Lorsque vous avez le choix, fuyez ces gens. Ne demeurez pas au sein du groupe en vous suradaptant, en vous forçant à les valoriser, en résistant à leur pessimisme, en supportant des remarques de mauvais goût, en riant à des blagues usées, en écoutant leur conversations de comptoir. Ne soyez pas non plus le miroir qui renvoient aux autres une image d’eux-mêmes médiocres. D’une part, vous seriez haï pour cela. Et d’autre part, votre esprit pourrait se laisser tenter de les adopter comme point de référence, au lieu de vous comparez à des personnes confiantes, gentilles, entreprenantes et véritables sources d’inspiration. Préférez vous exclure poliment et centrez-vous sur vos activités.

En tant qu’être humain, une personne en développement devra donc toujours rejoindre ou fonder une nouvelle communauté, qui soit ouverte au changement, désireuse de progrès, bienveillante et stimulante ! Votre épanouissement dépend de votre aptitude à vous entourer d’un Cercle d’or. De même que l’alimentation constitue une partie essentielle du culturiste, l’entourage ou “le cercle d’or” est une nourriture indispensable à votre régime de développement personnel.

 

Dans mes prochaines formations :

  • Vous définirez vos “cercles sociaux” et choisirez avec qui partager les coulisses de votre vie.
  • Vous vous forgerez un environnement social positif, adapté à votre style de vie personnel.
  • Vous gagnerez en leadership pour animer des réseaux sociaux activement impliqués dans votre réussite.