« Je suis un de ces démocrates qui croient que le but de la démocratie
est de faire accéder chaque homme à la noblesse. » – Romain Gary

Dans cet article :

  • Comment gagner en consistance et s’affirmer ?
  • Quelle est la puissance du mantra ? 
  • Découvre un de mes poèmes mantriques personnel

Devenir unique. Voilà le conseil que je vous donne !

Appliquez-le, et les gens se souviendront de vous. 

Dans mon livre sur les Sept secrets de la conversation, je dédie le quatrième chapitre à ce principe essentiel. Travailler votre personnalité, c’est d’abord gagner en consistance.

 

I- GAGNER EN CONSISTANCE

A- S’inspirer des auteurs

Avez-vous lu la citation plus haut ? Que vient faire cette citation dans un blog sur les relations humaines ? On rencontre cette belle pensée de Romain Gary dans son célèbre roman Le Chien blanc (1970). Si je la partage avec vous, c’est qu’elle est devenue fondamentale dans ma vision du monde et qu’elle a énormément influencé mon identité, mes fréquentations et la qualité de mes relations. Elle est devenue mon mantra.

B- Recourir aux mantras

Les hindous appellent “mantra” une petite phrase, souvent très courte et remplie de sagesse. On s’y se réfère pour guider nos pas, nos pensées et nos paroles. Une petite formule, un peu spirituelle, qui renvoie à des valeurs, à des idéaux vers lesquels tout notre être tend. 

Sans avoir de tels idéaux, sans tendre vers un monde meilleur ou vers une vie meilleure, on se laisse engouffrer dans les profondeurs de la suffisance. On accepte une vie dénuée de sens, et l’on se risque à la morosité.

Si aucun auteur ne formule ne mantra qui vous satisfasse, créez-en un vous-même. Formuler une petite phrase, un aphorisme qui vous aide à synthétiser votre pensée. Une expression, rimée ou non, qui vous rappellera, un peu comme un tatouage peut le faire, la ligne de conduite que vous souhaitez adopter en harmonie avec la personne que vous avez décidé de devenir.

C- Avoir sa propre idéologie

Ainsi, sans devenir des fanatiques, il importe d’avoir des idées, des valeurs, une vision du monde tel qu’il est et tel qu’il devrait être. C’est cela, le véritable sens d’avoir une idéologie (-ideo = idée ; logos = étude, discours). C’est aussi cela, être quelqu’un de consistant. Avoir des choses à dire, parce qu’on les a pensées. C’est pouvoir aller vers les autres sans les étouffer par l’ampleur de notre vide intérieur.

 

II- Les trois stades de maturité

On dit souvent par caricature qu’il existe trois catégories de personnes. Il s’agit davantage à mon sens de trois stades de maturité.

  1. Les grands esprits, qui parlent des idées.
  2. Les esprits moyens, qui parlent des événements.
  3. Les petits esprits, qui parlent des autres gens. 

A- Le bas du podium

Une large partie de la population demeure bloquée aux stades inférieurs. Deux stades qui les camisolent dans présent et le suivisme.

Les petits esprits s’époumonent sans fin à se comparer avantageusement aux autres,. Vous savez, comme tous ces téléspectateurs inconditionnels de Loft Story et autres émissions modernes débilisantes qui trouvent, sans se l’avouer, un grand réconfort à observer la bêtise ambiante venant délicatement masquer leur propre médiocrité.

Les esprits moyens s’attachent à commenter les événements, ce qui leur arrive, se produit près de chez eux ou stimulent leur attention sur un mode ascendant

Ce faisant, leur activité mentale demeure tributaire des aléas de l’actualité et de la dictature de l’instant. Il faut que quelque chose vienne les interpeller. Il faut du son, de l’image, du mouvement pour combler tout ce vide. Un événement vient en chasser un autre, sans qu’on recherche forcément à dégager quelque signification pérenne, structurelle qui vienne en vue d’améliorer le monde. L’important, c’est de s’amuser ! Ou au moins de faire semblant. La culture du divertissement plat poussé à son paroxysme. La société du spectacle, disait Guy Debord. Mais quel spectacle chiant ! Et quelles conversations vides.

C’est comme ça que les journalistes ont développé ce qu’ils appellent “les marronniers” et qui continuent de fonctionner aujourd’hui ! Parfois même, ces spectateurs caméléons pensent une chose un jour et l’opposé le lendemain, sans s’arrêter une seconde sur cette contradiction. Ils sont ainsi. Tels des réceptacles sans fond à stimuli sans fond, des interrupteurs qu’on allume, qu’on éteint, sans grande ressource propre. Des cœurs que le soleil illumine et que la pluie désole. Pourquoi une si grande sensibilité aux conditions extérieures ? Parce que rien d’autre en eux ne les tient, parce que rien en leur intérieur ne vibre… 

Jules Renard écrivait, “Si le temps ne changeait jamais, la moitié des hommes n’aurait aucun sujet de conversation”.

B- La première marche

Au stade de maturité le plus élevé, il ne s’agit bien sûr par de se transformer en sage, de se laisser pousser la barbe et d’aller philosopher dans tous les salons mondains.

Il est plutôt question de s’intéresser à des choses différentes. En plus d’une curiosité pour les gens et les événements, il est possible de s’intéresser aux concepts. Exemples :

  • Vous êtes fier d’avoir aidé une personne à traverser la rue ? Tout un secteur des sciences humaines se penche sur ces phénomènes de gentillesse et d’entraide : pourquoi ne pas lire un livre sur les comportements pro-sociaux ?  
  • Vous avez trouvé enivrant le parfum de votre dernière petite copine ? Régalez-vous en participant à une conférence le concept d’ancrage émotionnel !
  • Vous aimé la façon dont votre meilleur ami attire l’attention lorsqu’il raconte ses histoires ? Rejoignez un atelier sur l’art du storytelling
  • Vous vous demandez pourquoi certains cafés sont bons et d’autres franchement mauvais ? Allez visiter une usine de torréfaction !

 Cette dynamique que je suggère permet de dépasser l’instant présent, et de découvrir des principes sous-jacents aux choses de la vie, de chercher la vérité qui se cache derrière le comportements des gens, derrière une suite d’événements, derrière la sensation que procurent les objets. Comprendre le pourquoi. Voilà ce qui contribue à distinguer les personnes matures des autres, ce qui sépare les penseurs des simples exécutants et les meneurs des suiveurs.

Bien sûr, le haut niveau de conversation que ce stade 1 vous autorise ne convient qu’à certains contextes privilégiés. Mais qui peut le plus peut le moins. Accédez au stade 1, et vous pourrez toujours lancer des blagues salaces ou parler football si c’est ce qu’aiment vos interlocuteurs. Vous multipliez simplement vos options et d’autresréseaux s’ouvrent à vous ! En PNL, on croit au précepte suivant : “À l’intérieur d’un système, celui qui est le plus flexible a toujours le pouvoir.”

III- La pensée personnelle

Observer et réfléchir

La plupart du temps, nous vivons sur un mode automatique, et nos idées vont et viennent sans qu’intervienne le contrôle de notre volonté consciente. Vous savez, lorsque vous nouez vos lacets de chaussure, lorsque vous prenez le volant de votre voiture, lorsque vous prenez le métro pour vous rendre au travail le matin, lorsque vous scrollez votre fil d’actualité Facebook… toutes ces actions peuvent être exécutées de façon si simple qu’elles ne demandent généralement pas qu’on se concentre pleinement dessus.

Comme l’a remarquablement démontré Daniel Kahneman dans son best-seller Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée, notre cerveau fonctionne sur deux modes différents. Le premier mode mental, sur lequel nous sommes branchés par défaut, est un automatique et rapide. On l’appelle aussi système ascendant, car des informations sont captées par les 5 sens de notre corps et notre cerveau les traite en fonction des 

Avoir de la profondeur, c’est aller aux contact de telles choses et mettre en relation sa sensibilité et son intelligence pour en conserver une trace vive et la faire mûrir avec le temps, afin que la vieillesse fasse plus de sages que de naufrages. 🙂

Avoir de la profondeur, c’est enrichir ces choses de réflexions originales bien à vous, à l’aide d’un journal par exemple, au lieu de simplement les retransmettre lisses, tel quel à l’état brut. C’est donner à ces choses un ancrage dans votre réalité en les matérialisant (bricolage, dessin, peinture, photographie, décoration…). C’est amener toutes ces choses à la vie via vos expériences personnelles. Et c’est bien sûr leur donner du souffle, chaque fois que vous en parlerez autour de vous !

POLITIQUE ET LIBERTÉ

Argh ! Il a dit un gros mot !

Le terme lui-même sonne comme un gros mot aux oreilles fragiles des esprits faibles.

Des générations de cravates corrompues sont parvenues à associer à ce mot à d’horribles idées comme l’ennui, les disputes, la difficulté ou l’inutilité. 

D’ailleurs, dans bien des milieux il devient aujourd’hui en France de mauvais ton de parler politique. Avoir une opinion personnelle en deviendrait presque suspect !  Je veux m’opposer à sombre cette dynamique.

Nicholas Murray Butler, président de la puissante Pilgrim Society, observait la chose suivante : « Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les événements, un groupe un peu plus important qui les regarde s’accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s’est produit en réalité. »

Pourtant, la politique (du grec –polis, la cité, la ville), c’est simplement s’occuper des affaires de la communauté.

Un espace pour exister 

Cette peur de développer une opinion, d’assumer ses goûts ou de prendre des décisions  peut avoir un effet délétère sur votre style de vie. Comme François Mitterand disait : « Ceux qui ont peur de leur ombre attendent midi pour se lever. Pendant ce temps, les autres courent. »

Cela vaut aussi à l’échelle personnelle. Ne pas affirmer avec force ses propres idées par peur de la contradiction, c’est se mettre en danger de soumission. Les affirmer, c’est se trouver un espace pour exister !

Haut en couleur !

Je ne saurais que trop vous recommander de poser un regard global sur le monde, de vous demander sans arrêt ce que vous y aimez, ce que vous y changeriez et comment. Selon moi, chaque citoyen devrait presque avoir son propre programme politique. Faites en tout cas ceci avec votre vie  ! 

Apprenez à mieux vous connaître, découvrez quels sont vos goûts et soyez capables d’en parler avec plaisir et éloquence. Identifiez vos valeurs personnelles, définissez vos principes de vie et respectez votre propre volonté. 

Au lieu d’avoir un énième clone en face d’elles, les personnes qui croiseront votre route trouveront en vous une personne riche et affirmée, un individu consistant et coloré, un être qui leur aura apporté quelque chose d’important, nouveau, digne de mémoire…

NOBLESSE UNIVERSELLE

Nous vivons une époque étrange, d’individualisme forcené étrangement mêlé d’une standardisation stupéfiante des masses (dans leur style de vie, leurs modes de consommation, leurs aspirations et jusqu’à leurs préoccupations quotidiennes…).

Voici le rêve qui m’anime depuis longtemps et que je retrouve dans cette phrase magnifique et engagée de Romain Gary : “Je suis un de ces démocrates qui croient que le but de la démocratie est de faire accéder chaque homme à la noblesse.”

Que chaque homme, chaque femme, soit un être original, épanoui, en accomplissement permanent, loin du conformisme de la pensée unique. Que chacun pose un regard personnel sur le monde, échange intelligemment, dispose de son propre code de conduite, à la fois  cohérent, respectueux des autres, assertif et audacieux !

L’un des rares acteurs hollywoodien pour qui j’ai beaucoup de respect résume la chose ainsi :

Traduction

“Je rêve d’un jour ou je marcherais dans la rue et entendrais les gens parler de morale, de durabilité et de philosophie, au lieu de parler des Kardashians.” – Keanu Reeves

Catégories : Jeu intérieur

1 commentaire

Rudy Merouchi · 16 octobre 2020 à 2 h 35 min

Merci pour cet article pertinente. J’apprécie votre travail unique, rare et concret 🙂
Je parle également de développement personnel sur mon site : https://rudy-merouchi.com/

Excellente journée

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