Dans cet article : 

  • Manquons-nous tous de personnalité ?
  • Les femmes intelligentes aiment-elles les hommes courageux ? 
  • Comment devenir un peu spécial ?
Le non conformisme d'un séducteur

René Char, non conformiste

LE MANQUE DE PERSONNALITÉ

Bienvenus dans la bergerie !

À votre avis, de qui se souvient-on le plus, cent ans après leur mort : les suiveurs ou les meneurs ?

Combien me manque l’esprit taquin qui m’animait autrefois. Quelques années auparavant, je livrais activement avec quelques amis une guerre  au suivisme ambiant, nous conversions avec fougue pour contrer les dérives du monde moderne. 

Idolâtries en tous genres, agenouillement religieux, fanatistes des McDonald’s des Nike air ou des I-phone, apôtres du néo-libéralisme et zombies des journaux télévisés… Il était rare que nous soyons d’accord avec la doxa, et non moins rare que nous le taisions. Nous nous répétions inlassablement : 

Celui qui vient en ce monde pour n’y rien troubler ne mérite ni égards, ni patience.” – René Char 

 

Le suivisme fait bien des ravages. Mais s’il m’arrive encore contempler par la fenêtre le tumulte prévisible, répétitif et conservateur de la vie contemporaine, je m’estime heureux d’avoir quelques idées originales et ma propre interprétation du monde à faire valoir…

Car à quelque chose malheur est bon. Si la standardisation des esprits et des comportements fait planer la menace de l’émergence d’un nouveau fascisme – ceux qui ont lu Orwell, ou vu des films comme “V pour Vendetta” ou “La Vague” comprendront -, elle est aussi une aubaine pour tous les libre-penseurs qui se démarquent de leurs semblables à peu de frais.

 

La nature du conformisme 

Avez-vous déjà rencontré des suiveurs ? Vous savez, ces personnes passives, sans aucun leadership. Ces personnes qui ne savent jamais quoi penser de rien, ni quoi dire ou quoi faire. Ces personnes qui se tiennent là, immobiles, attendant qu’un parent, qu’un maître, qu’un patron ne vienne leur fixer un cap à suivre.

Et que dire de celles qui retournent sans cesse leur veste et changent constamment d’avis, de discours, d’attitude, selon le sens du vent ?!

On appelle ça le conformisme. La tendance naturelle des personnes à s’adapter, à obéir, à suivre la norme, à se fondre dans la masse, à se soumettre à l’autorité d’un groupe, d’une institution ou d’une personnalité dominante : “Je ne crains pas le suffrage universel, les gens voteront comme on leur dira”, écrivait ainsi Alexis de Tocqueville dans son célèbre ouvrage De la démocratie en Amérique.

 

 

Psychologie et libertéL’expérience de Asch (1951)

Au milieu du siècle dernier, le psychologue Solomon Asch conduit une expérience fascinante sur de jeunes étudiants américains. Il voulait examiner le comportement humain sous l’effet de la pression sociale.

 

Prétendant leur faire passer un test de vision, il les fit asseoir en ligne devant un tableau noir sur lequel étaient tracées une ligne à gauche et trois lignes à droite, nommées A, B et C.

 

Expérience de Asch

Les participants recevaient une consigne simple : déterminer à laquelle des lignes A, B ou C, était égale en longueur la ligne de gauche (voir vidéo).

 

À l’aide d’un ou plusieurs complices, qui donnaient volontairement la mauvaise réponse, Solomon Asch observa qu’un grand nombre de participants naïfs se conformait à ces mauvaises réponses, allant contre leur propre conviction personnelle et affirmant l’inverse de ce qu’ils avaient pourtant sous les yeux ! 

 

 

Les racines de l’instinct grégaire

Agir en mouton

Avoir l’instinct grégaire, c’est être un moutonLe comportement grégaire (du latin -gregarius, avec -grex signifiant “troupeau”), ça désigne, dans un groupe, l’attitude des individus qui imitent les autres, qui suivent l’ordre sans s’y opposer. Vous voyez ce que je veux dire ? 

 

En 1971, le biologiste William Hamilton a démontré une chose amusante ! Dans le règne animal, lorsqu’un attroupement de bêtes est férocement attaqué par un prédateur, chacun des membres tente de réduire le risque qu’il encourt en rejoignant la position la plus confortable : le milieu du troupeau !

 

Puisque s’il y parvient, tous les autres seront tués en premiers. Classe ! L’instinct grégaire n’a donc même pas la noblesse d’être un geste d’unité ou de solidarité. C’est une accumulation de réflexes lâches et égoïstes, motivés par la peur.

 

Commencez-vous à percevoir le lien avec la séduction ? 😉 

 

LES LIMITES DU CONFORMISME

Des héros à toutes les époques

Einstein disait : « Le monde est dangereux. Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent en silence et qui laissent faire. »
 
La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que la liberté et le leadership s’apprennent ! À toute époque, il y eut des esprits libres, des penseurs indépendants, des êtres autonomes. Des hommes et femmes qui se posent des questions et trouvent leurs réponses. Non de la bouche d’un moine, non dans les textes de lois, non dans les mœurs en vigueur ou dans les pages d’un magazine, mais en leur for intérieur, à la suite d’une introspection attentive.

L’expérience d’un homme

Celui qui vient en ce monde pour n’y rien troubler ne mérite ni égards, ni patience.” 
 – René Char

Que nous enseigne René Char, ce poète remarquable ? Charismatique résistant du siècle dernier, René Char, alias “Capitaine Alexandre”, organisait contre les nazis la défense du pays dans le maquis au péril de sa vie ! La citation de ce gentilhomme, dont la photo introduit l’article, m’a toujours beaucoup inspiré !

René Char a  connu ces suiveurs vêtus d’uniformes à la croix gammée, ces soldats en chemises brunes commettant mille atrocités, ces personnes qui “ne faisaient qu’obéir aux ordres”, qui “se contentaient de faire leur métier”, ces fascistes passifs, ces esprits conformistes.

Il sait tout le danger du conformisme. Le risque  de n’être qu’une ombre, qu’un corps malléable, un esprit faible et sans force de caractère. Pour l’homme de lettres, la force de caractère est indispensable à l’humanité. Sans cette indépendance d’esprit, l’individu n’est qu’un anonyme dans la foule, qu’un soldat, qu’un pantin, qu’un fou dénué d’originalité et dépourvu de destin, dont le Pouvoir peut faire ce qu’il entend de lui.

 

Un René Char en chaque femme ? 

J’ai la ferme conviction que les femmes portent sur nous un jugement d’une sévérité égale à celle de René Char : “Celui qui vient au monde pour n’y rien troubler ne mérite ni égard, ni patience.” 

Autrement dit, si vous n’êtes personne, n’avez aucun caractère, aucun leadership, aucune idée à vous, et que votre personnalité respire la fadeur… vous feriez mieux de vous remuer ! 

Fuyez le conformisme ! 

En d’autres termes

Dit simplement, le conformisme est la tendance à suivre les règles, les normes, les traditions sans indépendance. La tendance à obéir aux ordres plus ou moins explicites. 
 
C’est notamment le cas des hommes peu cultivés ou craintifs, pour qui se laisser guider constitue un grand réconfort face à leurs incertitudes. 
  
 

DÉVELOPPEZ VOTRE FORCE DE CARACTÈRE

Je vous livre ici deux exercices, que j’affectionne tout particulièrement. Toute votre vie, ils pourront vous aider comme ils m’aident, à développer et à consolider votre force de caractère.
 

Un chargeur à trois coups pour votre esprit critique 

“Science sans conscience n’est que ruine de l’âme”, écrivait Rabelais. La science, c’est la connaissance, le savoir-faire, la technique. La conscience, c’est le discernement moral. La science sans conscience, c’est par exemple l’utilisation froide et brutale d’une arme ultra sophistiquée appelée bombe atomique qui pu faire 250,000 morts à Hiroshima et Nagasaki. 

À tout instant, pour exercer votre esprit critique et développer votre conscience, souvenez-vous que trois questions suffisent :

 

1. Qu’est-ce qui importe ?

“Je reste maître de mon esprit. Lorsque quelque chose attire mon attention (un mouvement, un bruit, un cri, une publicité, une émission de télévision, une conversation…), je choisis librement de m’y intéresser ou non, selon que je juge cette chose importante ou pas ! 

J’interroge son intérêt. Je ne suis pas un animal qui réagit par instinct, que l’on siffle sans ménagement. Mes réflexes attentionnels ne sont pas les jouets des marionnettistes. Mon attention va là où je le décide ! J’accorde mon temps aux personnes, aux activités et aux choses qui le méritent vraiment.”

 

2. Qu’est-ce qui est vrai ? 

“Même une fois mon attention fixée sur les choses qui comptent, je garde mon esprit critique. Je ne suis pas un homme crédule, qui se fie aux apparences, qui croit tout ce qu’on lui dit, qui fait excessivement confiance aux autorités ici et là. Lorsqu’on me dit quelque chose, lorsque je lis un texte, lorsqu’on me confie une information, je prends du recul. 

J’ai le droit de douter, d’être sceptique. J’ai le droit d’interroger, de réfléchir, de vérifier les faits, de confronter les arguments, d’appliquer ma logique de déduction. Je me nourris de ce qu’on me donne, mais je vais aussi chercher moi-même les informations. Je n’adhère pas à la vision d’autrui sous la pression. Je construis ma propre carte du monde !”

 

3. Qu’est-ce qui est bien ?

“Et lorsque j’ai établi une vérité, il me reste à savoir ce que j’en pense. Voilà les faits, je vais les évaluer, non comme le fait la majorité, mais en fonction de mes propres valeurs, de mes propres idéaux, de mes propres principes de vie. 

J’ai une culture, une déontologie, des modèles d’éthique, des repères moraux. Ils sont mes outils pour discerner le bien du mal. C’est grâce à mon jugement que je suis qui je suis. C’est ainsi que je décide quoi faire. C’est comme cela que je deviens une personne adulte.”

 

S’extraire de la norme !

L’opposé du conformisme est le non-conformisme. Il ne consiste par à tout contredire, à se rebeller n’importe quand, à s’opposer à toutes les normes (cela, c’est l’anti-conformisme). Le non-conformisme consiste simplement à penser par soi-même, en questionnant les règles et les normes, en doutant des certitudes pour ne suivre que les idées que nous dictent nos consciences, le bon sens, l’éthique, nos penchants pour le juste, l’utile, le beau.

 

Le 9 dots puzzle

Lorsque l’on m’a proposé le jeu suivant en faculté de psychologie, on m’a offert l’une des plus belles leçons de ma vie. Et aujourd’hui je vous l’offre à mon tour, avec grand plaisir !

Puzzle des 9 points

But du jeu : 

Reliez ces 9 points, en seulement 4 lignes droites et sans lever votre crayon  (essayez sur une feuille de papier) !

 

Indices :

  1. Si vous faites toujours ce que tout le monde a toujours fait, vous obtiendrez toujours ce que tout le monde a toujours obtenu.
  2. Pensez en dehors de la boîte.

Pensez par vous-même, respectez vos propres règles ! Agissez selon votre conscience et l’on vous remarquera ! Dites quelles sont vos idées, et vous deviendrez quelqu’un. Faites ce en quoi vous croyez, et l’on se souviendra de vous !

Ainsi, dans trois ou quatre générations, votre propre famille regardera fièrement sa généalogie et se dira, nous descendons de cet homme, et héritons de son parcours. 

Si votre vie peut inspirer vos arrière petits-enfants d’ici cent ans, il y a fort à parier qu’elle puisse aussi séduire les femmes d’aujourd’hui.

Catégories : Jeu intérieur

Louny Bostok

Louny Bostok est psychologue et coach en séduction. Il oeuvre à promouvoir la notion de santé relationnelle.

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