« Je déteste quand les gens parlent d’eux-mêmes 
quand j’ai envie de parler de moi. » – Oscar Wilde

Dans cet article : 

  • Comment je suis redevenu un gosse capricieux
  • Pourquoi être vigilant face à la recherche d’approbation
  • Une astuce pour demeurer allocentré et préserver son charme

I. ME, MYSELF AND MA VANITÉ

J’ai une confession à vous faire. 

 

Ces deux dernières semaines, j’ai copieusement incarné la vanité. Très souvent, j’ai ramené le sujet de la conversation à moi-même. Révulsante vulgarité !

 

Ô vanité…

 

Pourtant, depuis longtemps, je me flattais de ne pas connaître cette vile tentation. Quand j’écoutais une histoire qui me rappelait une anecdote personnelle, je souriais discrètement, puis je me satisfaisais aussitôt de cette ébullition intérieure pour revenir tout entier à mon interlocuteur. 

 

J’étais fier de cette maturité : ne pas chercher l’approbation des autres. Quelle indépendance !

 

II. D’OÙ SORS-TU, VANITÉ ?

Mais voilà que pendant deux semaines, j’ai souffert de cette pulsion d’enfant.

 

Que se passait-il ?

 

Moi qui déteste quand les gens ramènent systématiquement tout à eux.

 

Deux, trois, quatre, cinq, six fois ! La main dans le sac à plusieurs reprises ! Tout content de rebondir sur une histoire pourtant passionnante pour évoquer la mienne… Comme un gosse insupportable vêtu d’un pull jaune vif qui sautille partout et qui hurle, n’écoutant personne, pour concentrer sur soi toute l’attention, avec l’air un peu paniqué à l’idée qu’on ne s’occupe pas de lui!

 

Ça vous est déjà arrivé ? 

 

Le pire, c’est que j’en avais conscience. Heureusement, j’arrivais parfois à m’auto-censurer in extremis. Je sauvais la face tout en gardant en bouche ce petit goût d’inachevé. Et je me répétais : “Attends oublie ton histoire, t’es pas le centre du monde. L’autre aussi a besoin d’écoute et de considération ! Patiente. Prête attention. Ton tour viendra.”

 

Je vous écrivais hier soir, quand j’ai compris ce qui se passait. Intense soulagement ! Récemment, mon rythme de vie s’était un peu accéléré. De nouveaux projets s’étaient mis en place, de nouvelles rencontres s’étaient succédées, de nouveaux apprentissages m’avaient fait progressé. Sans que je ne prenne le temps d’y penser. Brian Eno a dit un jour “On parle aux autres pour découvrir ce que l’on pense soi-même.” Mystère résolu.

 

Avec ce nouveau rythme, je m’étais laissé piégé dans l’action sans prendre de pause. Vous savez, ces moments de tranquillité d’esprit. Ces cures de silences. Pas de notification, pas d’appel, pas de bruit, pas de distraction. Juste vous. Votre mémoire. Et votre réflexion. Ces moments précieux dans lesquels notre cerveau est disponible. Ces instants qui permettent de digérer les événements récents, de les revivre, de les décortiquer, pour les comprendre, pour les évaluer, pour savoir comment les ressentir, pour en tirer des leçons.

 

Puisque je n’avais pas pris ce temps, mon expérience n’avait pas subi cette étape d’enrichissement, de transformation qualitative, d’appropriation. Elle était restée en suspens, à l’état de souvenir non élaboré. Ainsi, dès qu’une personne évoquait quelque chose qui faisait surgir un souvenir, je ressentais le besoin pressant de saisir l’opportunité de construire ma pensée en le mentionnant vite, avant de laisser le souvenir s’évanouir et de perdre une partie de moi-même. Cela bien sûr, mêlé au désir narcissique de reconnaissance, qui est toujours plus fort lorsqu’on n’a pas pris soi-même le temps de se féliciter intérieurement.

 

III. FUYONS LES EXCÈS DE VANITÉ

Finalement, cette attitude de spontanéité excessive, de bêtise dirais-je, est socialement négative. Pur autocentrisme.

 

Voilà pourquoi identifier sa cause et pouvoir agir dessus est incroyablement stimulant ! 

 

Cela nous permet à tous de devenir de meilleures personnes, plus réfléchies, plus sereines avec elles-mêmes, plus agréables pour les autres, plus curieuses et donc plus ouvertes sur le monde, et assurément (sur le long-terme) mieux appréciées. J’ai ressenti un immense soulagement grâce à cette résolution ! 

 

 

IV. BAISEZ-VOUS LA MAIN EN PRIVÉ

Je sais combien ce problème est répandu. Je pense qu’il nous concerne tous ou presque. 

 

J’aimerais vous suggérer, chaque fois que vous vivez une période de nouvelles expériences, de choses inédites qui modifient votre quotidien, votre identité, vos compétences, ou un élément important de votre vie, d’observer cette cure de silence pour prendre le temps d’y penser.

 

Dès que vous identifiez une expérience qui a compté, programmez une cure de silence d’au moins 5 minutes le soir même, pour vous poser quelques questions simples : que s’est-il passé ? Comment est-ce arrivé ? Comment est-ce que je le ressens ? Quel sens je donne à cela ? Qu’est-ce que cela dit de moi ? Que puis-je en retenir ?

 

Mettez vos mots dessus. Félicitez-vous personnellement !

 

Bien sûr il ne s’agit pas de garder pour soi tout ce que l’on vit. Mais simplement de le partager pour offrir à l’autre une expérience plus que pour chercher son approbation. C’est aussi cela, être adulte. 

En préservant votre allocentrisme, et en fortifiant ainsi votre personnalité par des expériences comprises, vous augmenterez substantiellement votre charisme, votre popularité et améliorerez la qualité de vos relations !

 

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Catégories : Jeu intérieur

Louny Bostok

Louny Bostok est psychologue et coach personnel. Il oeuvre à promouvoir la notion de santé relationnelle.

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